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Considérations sur l’usage des huiles essentielles




SENTEURS & AROMATES.


De la nuit des temps à nos jours.

C’est aujourd’hui bien établi, ces senteurs et aromates que, depuis des millénaires, les civilisations successives ont utilisés lors de rituels religieux ou dans un but « médicinal », ne relèvent plus du domaine des vagues croyances et superstitions, mais bien du domaine scientifique, rationnel et expérimental.

Cette reconnaissance, les huiles essentielles la doivent à un certain nombre de pionniers, expérimentateurs de terrain, d’Henri Leclerc à Jean-Pierre Willem, en passant, bien entendu, par Jean Valnet et R.M. Gattefossé. Ce dernier est d’ailleurs “l’inventeur” en 1927 du terme “AROMATHERAPIE”, qui s’impose aujourd’hui pour désigner en tant que science, l’ensemble des connaissances sur les vertus thérapeutiques des plantes aromatiques.
Parallèlement, des chercheurs et des thérapeutes, - à contre-courant des doctrines officielles de l’époque -, mettent au point des formulations à base d’huiles essentielles et d’extraits végétaux.

On peut citer : Sevelinge qui dès 1945 met au point des spécialités aromatiques dans un but thérapeutique précis, mais aussi le biologiste René Espeut, plus connu sous le pseudonyme de René Jacquelain. En 1950, il fait figure de précurseur en créant deux “Phytocomplexes aromatiques” à visée cosmétologique et hygiénique, auxquels il donne le nom de KYMYL et GYNYL. Leur efficacité, dans le domaine des soins esthétiques et de l’hygiène intime féminine, dépasseront de beaucoup les attentes de son inventeur. (Ces deux produits sont distribués sur ce site).
Rien, dès lors, n’arrêtera cette évolution, même si nos universités, -encore aujourd’hui-, ne dispensent qu’un rare et très partiel enseignement sur les huiles essentielles.

L’engouement actuel dont les huiles essentielles font l’objet, génère un trouble dans l’esprit du consommateur et peut induire un risque d’utilisation inadaptée, notamment par voie orale. Par ailleurs le prescripteur n’a que rarement la garantie de disposer d’huiles essentielles de qualité, pures, 100% naturelles et intégrales, produites sans solvant et botaniquement authentifiées.
Devenues argument de vente, elles sont introduites à ce titre dans de nombreuses formulations cosmétiques perdues parmi 98% autres ingrédients, tous de synthèse. Les huiles essentielles s’en trouvent alors galvaudées.
De ce fait, se présente le risque d’un usage banalisé et dommageable pour des consommateurs non avertis, et la mise sur le marché d’essences ne répondant pas aux critères de qualité indispensables à leur efficacité thérapeutique.

QUALITE DES HUILES ESSENTIELLES



L’usage thérapeutique des huiles essentielles, implique beaucoup de rigueur à tous les stades de leur élaboration :

• identification botanique précise de la plante, surtout dans le cas de variétés sauvages : genre, espèce, sous-espèce, variété et hybridation, biotope, chémotype biochimique,
• choix du stade de maturité ou de floraison,
• choix de l’organe producteur ou de la partie traitée,
• stockage avant distillation dans des conditions adéquates : plantes fraîches ou quelquefois volontairement fanées,
• méthode d’entraînement à la vapeur d’eau pouvant varier d’une espèce à une autre, en température, pression et durée par exemple, afin d’obtenir l’intégralité des principes actifs,
• expression à froid pour les agrumes (Rutacées), sans solvant et en première pression,
• conservation et stockage sans additifs à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’air.
• contrôle du produit fini, afin de vérifier la présence qualitative et quantitative des molécules biochimiques attendues, par chromatographie en phase gazeuse, spectrométrie de masse et contrôle du pouvoir rotatoire, de l’indice de réfraction et de la densité.

Lorsque l’on sait le très faible rendement de la plupart des plantes à restituer de l’huile essentielle, on comprend qu’outre les contraintes d’élaboration et de contrôle, une huiles essentielle ne peut pas être un produit bon marché.

À titre d’exemple, pour obtenir 1 kg d’huile essentielle, il faut distiller pour :
- la Lavande officinale, 150 kg de sommités fleuries,
- le Thym, 1200 kg de feuilles
- la Rose de Damas, 4000 Kg de pétales
- la Mélisse officinale, 10000 kg de sommités fleuries.

Une huile essentielle peu chère est forcément synonyme de produit falsifié ou d’origine synthétique, sans effet thérapeutique, et dans certains cas dangereux.

Afin de donner le maximum de garantie, nous indiquons pour les huiles essentielles que nous commercialisons :

1/ ÉLÉMENTS D’IDENTIFICATION PAR LOT NUMÉROTÉ :
• N° de lot
• Espèce botanique précise en latin
• Organe producteur (partie distillée ou exprimée)
• Chémotype (spécificité biochimique = s.b.)
• Origine géographique (provenance)
• Mode de culture : biologique, traditionnelle contrôlée, traditionnelle locale, ou sauvage.
• Année de récolte.

2/ ÉLÉMENTS DE CONTRÔLE PAR LOT NUMÉROTÉ:
• Chromatographie (disponible ou pas) avec quantification des composants principaux,
• Pouvoir rotatoire
• Indice de réfraction

3/ RAPPELS DES PROPRIÉTÉS ET INDICATIONS :
Dans le simple but d’informer, nous indiquons les principales propriétés et indications thérapeutiques tirées des meilleurs et des plus récents ouvrages publiés. Elles y sont citées de façon régulière et pour beaucoup confirmées par des observations en milieu scientifique.
Nous déclinons toute responsabilité, directe ou indirecte, relative à un éventuel usage thérapeutique des huiles essentielles que nous commercialisons.
Nous vous suggérons de consulter un(e) aromathérapeute ou tout autre professionnel reconnu à qui il appartiendra de prescrire en fonction du diagnostic établi.

4/ LES MODES D’UTILISATION POSSIBLES ET LES PRÉCAUTIONS D’EMPLOI :
Les modes d’utilisation, ainsi que les précautions sont exprimées sur des fonds colorés afin d’en augmenter la visibilité et ainsi mieux sensibiliser le consommateur :
Fond vert = Usage préconisé, sans danger.
Fond jaune = Mode d’utilisation sans intérêt, ou avec légère réserve.
Fond orange = Restriction importante pour une utilisation particulière.
Fond rouge = Usage fortement déconseillé ou interdit à certains utilisateurs.

USAGES & METHODES PRECONISES


Les huiles essentielles pures ou en mélanges synergiques, peuvent s’utiliser suivant des méthodes variées, en fonction de plusieurs critères :
• la nature de l’essence,
• ses propriétés,
• les précautions d’emploi qui lui sont propres,
• les bienfaits recherchés.

LES VOIES EXTERNES
Les huiles essentielles sont, en usage externe, utilisées pour le bien être, la forme physique et psychique, ainsi qu’en cosmétique.
Plusieurs possibilités : la diffusion atmosphérique, les aérosols, les inhalations, les voies cutanées et l’usage cosmétique.

. LA DIFFUSION ATMOSPHERIQUE
Cette méthode concerne les huiles essentielles ayant des propriétés :
• assainissantes et désinfectantes
• respiratoires
• relaxantes
• désodorisantes
• parfumantes
• anti-insectes
Il s’agit là d’actions directes.
Mais, nous savons aussi, que par l’intermédiaire de l’émonctoire broncho-pulmonaire, les essences sont véhiculées par le sang dans l’ensemble de l’organisme, et donc susceptibles d’agir au niveau de nombreux organes.
Nous comprenons ainsi, que même cette méthode si pratique et qui pourrait paraître « innocente », puisse ne pas être sans conséquence dommageable, si on ne respecte pas les précautions d’emploi propres à chacune des essences.
Ne négligeons pas également l’action indirecte des HE en diffusion sur le système sensoriel olfactif, qui entraîne une réaction psychoaffective efficace si elle est bien contrôlée.

La diffusion est possible à l’aide de différents appareils se trouvant sur le marché :

• Le diffuseur à froid (verrerie et compresseur type aquarium)
Ce moyen est idéal parce qu’il véhicule l’essence sous forme de brouillard, sans la chauffer
Il n’est pas sans inconvénient : fragile et bruyant, il ne s’intègre pas toujours facilement dans les pièces à vivre.

• Les diffuseurs chauffants
Plusieurs modèles existent, généralement en poterie. Ils varient en fonction du principe de chauffe : bougie ou lampe à incandescence de salon.
Le modèle doit être conçu de manière à chauffer le moins possible l’huile essentielle. À cette fin, mettre un peu d’eau dans le fond du réceptacle, avant d’y déposer l’huile.

. L’INHALATION
Essentiellement préconisée pour les huiles essentielles à vocation « respiratoire ».
La méthode est simple à mettre en œuvre : verser une dizaine de gouttes d’HE dans de l’eau chaude à 50° environ dans un bol ou un inhalateur acheté en pharmacie. Respirer profondément les vapeurs qui en émanent durant une dizaine de minutes.
Pour les mêmes raisons que celles qui sont évoquées plus haut dans le cadre de la diffusion atmosphérique, il est bon de bien connaître les restrictions d’emploi de l’HE utilisée.

• AEROSOLS
En principe, ce procédé met en œuvre des huiles essentielles non diluées, mises directement en contact avec la muqueuse nasale.
Cet usage doit impérativement n’être pratiqué que sur prescription médicale.

• VOIES CUTANEES
La peau constitue un émonctoire de choix pour la prise des huiles essentielles.
Les qualités liposolubles des HE facilitent leur pénétration dans la couche cornée de l’épiderme chargée de sébum ; les vaisseaux capillaires de l’hypoderme, se chargent ensuite de les répartir dans tout l’organisme en un temps record.
Malheureusement, de nombreuses huiles essentielles sont dermocaustiques, photosensibles et dermo-allergisantes.
Ces huiles essentielles doivent donc être encore plus diluées que les autres avant leur application sur la peau, et justifient des précautions particulières.

Les principales méthodes par voie cutanée sont :

• LES MASSAGES & LES FRICTIONS
On distingue les massages ponctuels (frictions) sur des zones limitées du corps, - un membre, ou la poitrine par exemple -, et les grands massages corporels du type californien ou autres.
Les HE (seules ou en mélange synergique) sont toujours diluées dans une huile végétale de première pression à froid et de bonne glisse (noyaux d’abricot, macadamia, …).
Le dosage varie selon les HE et le type de massage : 15 à 25 % pour les massages ponctuels, 4 à 6 % pour les grands massages chez l’adulte. Les doses sont à diviser par deux pour les enfants de moins de 12 ans.
Ne pas pratiquer de massages avec des HE sur des enfants de moins de 2 ans.

• LA REFLEXOLOGIE PLANTAIRE
Les zones réflexes de la voûte plantaire, données par les cartes des pieds (voir document ci-contre tiré de « Aromathérapie essentielle » de J.L. Abrassart, G. Trédaniel Editeur), sont particulièrement indiquées pour l’application des HE.
Placer 3 à 5 gouttes d’HE sur votre pouce, puis masser le point correspondant à l’organe incriminé, durant 3 minutes.
Utilisées à petites doses, avec un minimum de risque de réactions secondaires, les HE transmettent un véritable « signal » à l’organe visé.

• LES BAINS
Les HE n’étant pas solubles dans l’eau, elles restent en surface et peuvent provoquer une réaction allergique au contact de la peau. Il faut dans ce cas provoquer une émulsion.
À domicile, avec les moyens ménagers, pour une grande baignoire et pour un adulte, verser 30 gouttes d’HE dans un verre contenant, soit du lait en poudre non écrémé, ou un jaune d’œuf cru, soit encore un savon liquide neutre à incorporer à l’eau du bain.
Pour les enfants entre 4 et 12 ans et un bain approprié en volume, se limiter à 10 gouttes, sauf avis médical.

• L’USAGE COSMETOLOGIQUE & LES SHAMPOOINGS
De nombreuses huiles essentielles ont un pouvoir d’activation du métabolisme de régénération des cellules dermiques. À ce titre elles rentrent pour 1 à 4% dans la composition de produits cosmétiques sous forme d’émulsion (crème, lait) ou dissoutes dans une base moussante (shampooing, produit pour bain).
Leurs réelles vertus ne peuvent agir dans ce cas, que si le reste des composants (conservateur, produits de synthèse, …) mais également le mode opératoire de fabrication, n’altère pas leur structure et en supposant que les HE utilisées soient pures, intégrales et 100% naturelles et de qualité aromathérapique, c’est-à-dire obtenues sans solvant.
Les produits 100% naturels et 100% d’origine végétale y compris les adjuvants sont très rares. C’est, entre autres, pour cette raison, que notre laboratoire ne produit pas de crèmes et conseille l’usage d’huiles végétales nobles à base d’huiles essentielles. (voir les produits PHYTO’Aromatica « Activoils »)


LES VOIES INTERNES

Ce mode d’administration est peu conseillé en automédication, surtout si l’on utilise les huiles essentielles à l’état pur.
Nous recommandons de ne pratiquer cet usage que sur prescription d’un aromathérapeute.
Par ailleurs, les huiles essentielles dans ce cas présentent des inconvénients tels que leur goût prononcé et leur agressivité au contact des muqueuses.

• VOIE BUCCALE
Compte tenu de ces inconvénients, l’usage par voie buccale implique de trouver un support aux huiles essentielles pures.
Les plus courants sont : le morceau de sucre, la boulette de mie de pain ou la cuillerée de miel.
La plupart des prescripteurs préconisent plutôt cette dernière méthode.
Le dosage qu’ils prescrivent est généralement le suivant : 1 goutte d’HE (ou mélange d’HE) pour 25 kg de poids corporel à verser dans une cuillerée de miel liquide, qui servira à sucrer une tisane, si possible aux vertus complémentaires à celles des HE utilisées. Ne pas dépasser 3 prises par jour. Soyez attentifs les premiers jours aux éventuelles réactions avant de poursuivre sur une durée de 21 jours.
Tout dosage supérieur devra faire l’objet d’une prescription médicale, de même que toute administration à des enfants.
Ne jamais laisser les flacons d’huiles essentielles à portée de main des enfants.
En cas d’absorptions accidentelles de plusieurs millilitres, prévenir le centre anti-poison le plus proche.

• AUTRES VOIES INTERNES
Les autres voies internes possibles sont la voie rectale, vaginale et nasale.
Elles doivent faire l’objet d’une prescription médicale et de préparations pharmaceutiques en officine : suppositoires pour la voie rectale, ovules pour la voie vaginale et spécialités médicamenteuses pour la voie nasale.
À noter que ces voies sont particulièrement intéressantes, car elles évitent les sucs gastriques qui peuvent modifier la structure biochimique des HE, avant même qu’elles n’aient pu agir.
Les voies intramusculaire et intraveineuse sont proscrites.

PRECISIONS & RESERVES

Les propriétés, les indications thérapeutiques, les modes et précautions d’utilisations et les dosages, cités précédemment sont tirés des meilleurs et des plus récents ouvrages d’auteurs issus du milieu médical (Pr Max Wichtl, Pr Max Anton, Dr Henri Leclerc, Dr Jean Valnet, Dr Jean-Pierre Willem, ….).
On retrouve ces indications et ces pratiques de façon régulière et pour beaucoup confirmées par des observations en milieu scientifique.
N'ayant nous-mêmes aucune compétence dans le domaine médical, nous nous bornons à les retranscrire.
Notre but n'étant que d'informer, en retranscrivant les écrits de ceux qui détiennent le savoir et l’expérience, nous déclinons toute responsabilité, directe ou indirecte, relative à l'usage des huiles essentielles.
Nous vous suggérons, une nouvelle fois, pour un usage thérapeutique des huiles essentielles, de consulter un(e) aromathérapeute ou tout autre spécialiste reconnu, car il s’agit là d’une des médecines les plus difficiles à prescrire.



REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES



• Plantes THERAPEUTIQUES des Prs. Max Wichtl & Robert Anton, Edition Tec & Doc (réédition 10/2003)
• Plantes médicinales du Dr Christiane Vigneau, Collection de Médecine légale et de Toxicologie, Masson éditeur
• Guide pratique de phytothérapie de R. Fauron & R. Moatti, Maloine éditeur
• Aromathérapie du Dr Jean Valnet, Éditions Maloine
• L'Aromathérapie exactement du P. Franchomme et Dr D. Pénoîl, Éditions Roger Jollois
• L'Aromathérapie essentielle de Jean-Louis Abrassart, Éditions Guy Trédaniel
• Le Répertoire des huiles essentielles de Michel Dogna, Édition Guy Trédaniel
• Huiles essentielles : Médecine d'avenir du Dr J.P. Willem, Éditions du Dauphin.



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